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Présentation

Agrégée et docteur en géographie, je travaille depuis mon Master 2 sur les relations entre art et espaces publics à Johannesburg (Afrique du Sud).

Ce blog est destiné à présenter l’avancée de mes recherches, en exposant au fur et à mesure de mes observations et de mes découvertes, mes hypothèses de travail.  J’invite donc tous ceux que mon travail intéresse à me faire part de leurs réactions, avis, critiques, qui me permettront, je l’espère, de prendre du recul par rapport à mon terrain d’études.

D’avance merci…

Holding a PhD in geography, I have been working since my Master on the relations between art and public spaces in Johannesburg (South Africa).

This blog aims at presenting my researches in the course of my observations and discoveries on the field. Anyone who is interested by my work is invited to comment on my hypothesis in order to help me to stand back from my own subject

Thank you in advance…

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Soutenance de Thèse

J’ai le plaisir de vous informer que j’ai soutenu,  le 28 novembre  2012 à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, ma thèse de géographie intitulée :


Les espaces publics au prisme de l’art à Johannesburg

(Afrique du Sud) :

Quand la ville fait œuvre d’art et l’art œuvre de ville

 

Vous trouverez un résumé : ici.


Les membres du jury étaient:

- Marie-Hélène Bacqué, Professeure d’urbanisme, Université Paris Ouest Nanterre la Défense – Présidente

- Guy Di Méo, Professeur de géographie, Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3 

- Philippe Gervais-Lambony, Professeur de géographie, Université Paris Ouest Nanterre la Défense – Directeur

- Maria Gravari-Barbas, Professeure de géographie, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne – Rapporteure

- Myriam Houssay-Holzschuch, Professeure de géographie, Université Joseph Fourier, Grenoble – Rapporteure

- Cynthia Kros, Directrice adjointe de l’Ecole d’Art de l’Université du Witwatersrand, Johannesburg

 

Au terme de la délibération, le jury m’a accordé le titre de docteur en géographie, à l’unanimité, avec la mention très honorable et les félicitations.

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L’art de l’apartheid à Johannesburg, un patrimoine ?

Depuis 2007, la métropole de Johannesburg a adopté une  » politique d’art public  » en vue de favoriser l’installation, dans ses espaces publics, d’art symbolisant la nouvelle identité post-apartheid de la ville. Pourtant, en Afrique du Sud en général, et à Johannesburg en particulier, l’art public ne naît pas avec la fin de l’apartheid. La ville doit en effet également s’occuper de l’art public hérité de la période précédente. Dans un tel contexte de réinvention urbaine, il s’agit de s’interroger sur la place de cet héritage  » encombrant  » dans le Johannesburg contemporain, et sur sa capacité à faire patrimoine. L’étude d’une des œuvres emblématiques de l’apartheid permet de montrer que cet art public est aujourd’hui au cœur de différentes formes de réappropriations, institutionnelles ou non, qui questionnent les notions mêmes de patrimoine et de patrimonialisation. Ces réappropriations, parfois conflictuelles, sont révélatrices des enjeux symboliques qui entourent cet héritage, mais aussi de la volonté de la récente autorité métropolitaine d’asseoir, par la patrimonialisation, sa légitimité sur la ville et dans la ville.

Géographie et cultures, 79 (2011) 89-108, http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00756703

From 2007, the City of Johannesburg has been implementing a ‘Public Art Policy’. This policy aims at promoting art in public spaces in order to symbolise the new post-apartheid identity of the city. However, public art in South Africa in general, and in Johannesburg in particular, did not arise at the end of the apartheid. Therefore, the city also has to deal with artworks inherited from the previous era. In such a context of urban reinvention, the ability of that disturbing heritage to make sense in Johannesburg today can be questioned. The case study of an emblematic artwork from the apartheid period shows that this kind of public art is subject to different types of re-appropriations, institutional or not, which question what heritage and ‘heritagization’ are. I argue that these re-appropriations, sometimes conflicting, are symptomatic of symbolic issues that surround this heritage, but also of the attempt made by the City of Johannesburg to establish – thanks to ‘heritagization’ – its authority in and on the city.

L'art de l'apartheid à Johannesburg, un patrimoine ? dans Publications DSC03773-768x1024

© P.Guinard (2011), ne pas reproduire sans autorisation de l’auteur

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Trouver sa place dans les espaces publics de Johannesburg

Comment travailler dans les espaces publics johannesburgois, encore largement ségrégés et genrés, quand on est une jeune femme blanche ? Quelles contraintes méthodologiques et quels biais théoriques cela peut-il entraîner ? En quoi la pratique de ces espaces publics me permet-elle ou m’empêche-t-elle – en tant que chercheuse blanche – de cerner ce que sont ces espaces ?

2010, « Regard et place d’une chercheuse blanche dans les espaces publics de Johannesburg », Carnets de géographes [En ligne], numéro 1

How to work on public spaces in Johannesburg – which are still largly segregated et gendered – when you are a young White woman? Which methodological limits and theoretical bias this can imply? To which extend the practise of these spaces can help me or not – as a White female researcher – to understand what these spaces are?

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Quel art pour quelle ville ?

La ville de Johannesburg est la première et la seule ville sud-africaine à avoir adopté depuis 2007 une politique d’art public. Cette politique s’insère dans le cadre d’un projet urbain plus vaste par lequel la municipalité entend se (re)définir comme une ville globale post-apartheid. L’art public serait ainsi un moyen de concilier promotion de la croissance économique urbaine et dépassement des divisions héritées de l’apartheid. Pourtant, à partir de l’étude d’une de ces œuvres d’art paradigmatique, il est possible de montrer que l’art public tel qu’il est promu par la municipalité peine à s’affranchir du legs de l’apartheid et à créer du lien social dans les espaces publics. Cette difficulté de l’art public municipal à être plus que l’art dans l’espace public tiendrait-elle au modèle d’art public choisi ou, plus fondamentalement, résulterait-elle d’une incompatibilité des objectifs mêmes de cette politique ?

2010, « Quand l’art public (dé)fait la ville ? », EchoGéo [En ligne], numéro 13

The City of Johannesburg is the first and the only South African city that has implemented a “Public Art Policy” since 2007. This policy fits into a wider urban project thanks to which the City aims at (re)defining itself as a post-Apartheid global city. Public art is conceived as a means to reconcile promotion of economic urban growth with overtaking of the divisions inherited from Apartheid. Nevertheless, in the light of an emblematic case study of one of these artworks, it is shown that public art as promoted by the municipality struggles to free itself from the legacy of Apartheid and to create social interaction into public spaces. Is this difficulty of municipal public art to be more than art in public space a result of the model of public art chosen? Or, more crucially, is this linked with the incompatibility of the goals of the licy?

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L’art pour réinventer Johannesburg ?

Fruit de ma recherche en Master 2, vous pourrez trouver ci-joint un court article paru en septembre 2009 dans Extra, la revue de l’IFAS (Institut Afrique du Sud) sur l’art public à Johannesburg, intitulé : « Public art in Johannesburg : a creative interaction between public art and the city« . L’article traite plus précisément des modalités de réintégration d’une œuvre d’art public produite pendant l’Apartheid, dans la Johannesburg post-apartheid, et de l’évolution du sens de cette oeuvre dans l’espace public en fonction du contexte dans lequel elle se trouve.

Erratum : la formulation prêtant à confusion, je tiens à préciser par respect pour ses auteurs que la performance dont je parle dans l’article est l’oeuvre d’IngridMwangiRobertHutter. Seule la photographie est d’Ismail Farouk.

L'art pour réinventer Johannesburg ? dans Publications pdf publicartjoburgpguinard.pdf

Resulting from the researches I did during my Master, you can find attached a short article on public art in Johannesburg, entitled « Public art in Johannesburg : a creative interaction between public art and the city« .  This article was published in september 2009 in Extra, the  review of the French Institut of South Africa (IFAS). It deals with the ways a public artwork from the Apartheid period can be reintegrated into the Post-Apartheid Johannesburg, while considering the different meanings of this artwork according to its context.

Erratum : because of a wrong formulation and out of respect for the artists, I would like to make clear that the performance I refer to in the article was organised by IngridMwangiRobertHutter. Only the photo is from Ismail Farouk.

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‘Infecting the city’ 2009, Cape Town

Infecting the city‘ est un festival de performances publiques qui se déroule dans les espaces publics du centre-ville du Cap durant toute une semaine. 2009 était la deuxième édition au Cap, avec pour thème les attaques xénophobes de mai 2008 qui ont eu lieu dans les grandes villes sud-africaines. L’idée des organisateurs était de réinvestir artistiquement ces événements dramatiques non seulement pour ne pas les oublier, mais aussi  pour tenter de les surmonter.

Limbo / Amakwerkwere / Exile

LimboAmakwerkwereexile4.jpg

© P.Guinard (2009), ne pas reproduire sans autorisation de l’auteur

‘Exile’ est la performance qui a suscité le plus d’enthousiasme parmi le public, sans doute parce qu’elle a su émouvoir et éblouir le public, et entrant alors en résonance  aussi bien avec le public qu’avec le lieu.

 

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Exemples d’art public à Johannesburg

Carl Von Brandis, premier magistrat de la ville de Johannesburg.

Statue érigée en 1965, et réaménagée en 2008 en vue de créer un espace public.

Exemples d'art public à Johannesburg DSC03773-225x300

© P.Guinard (2011), ne pas reproduire sans autorisation de l’auteur

L’Eland, sculpture de Clive Van der Berg.

Inaugurée en 2008, elle marque l’entrée du centre-ville de Johannesburg.

DSC00549-300x225 art public

© P.Guinard (2010), ne pas reproduire sans autorisation de l’auteur

 ’Mural‘ réalisé sous la direction d’Andrew Lindsay,

à la demande de la ville, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur la propreté duans le centre-ville.

mural

© P.Guinard (2009), ne pas reproduire sans autorisation de l’auteur

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Découverte du terrain

Première semaine passée, premiers contacts avec mon terrain.

Le centre-ville de Johannesburg a vraiment 2 facettes : le centre d’affaires au Sud et le Nord dégradé.

La première fois, je suis arrivée par le Nord : immeubles délabrés, squats; commerçants informels ; voitures, pollution, saleté… et tout a coup, je me demande pourquoi je travaille sur l’art public!?! Quel art? Pour qui? Pourquoi? Est-ce vraiment une priorité?

Le CBD (Central Business District), lui, est complètement différent : buildings plus ou moins modernes, sièges de grandes firmes; vigiles partout; propreté… et art public!

Et si finalement, la question de l’art public, bien qu’apparemment secondaire, était une clef de lecture des rapports de force existant à Johannesbug? Une clef de lecture d’un traitement différencié de l’espace?

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Arrivée…

Je suis à Johannesburg depuis 24h , mais je n’ai eu l’impression d’y être qu’il y a deux heures à peine, quand j’ai pu marcher, seule, dans le quartier qui est désormais le mien – Melville, comme s’il me fallait parcourir la ville, pour la sentir, la ressentir. Paradoxal, dans une ville où les trottoirs sont vides ou inexistants! Les pratiques de villes changent de ville en ville, je vais devoir apprendre celles de Johannesburg pour tenter de la comprendre…

 

Par contre, la bureaucratie sud-africaine n’a rien à envier à celle de notre douce France… J’ai dû me rendre dans de nombreux buildings, bureaux, faire des allers-retours, remplir des formulaires, (desquels la case race n’a pas toujours disparu), avant de pouvoir obtenir ma carte d’accès à l’Université du Witwatersrand, une des deux universités de Johannesburg. But I have got it ! et un bureau en prime !

 

Quant à mes premières impressions sur la ville, j’ai encore du mal à les formuler, sans doute parce que je n’ai vu que ce que l’on m’a montré ou ce que l’on m’en a dit. Reste un sentiment d’immensité.

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